Le musée d’histoire naturelle, une histoire mouvementée

J’ai déjà évoqué le musée d’histoire naturelle de Lille dans mon article sur l’exposition Textifood, cette fois c’est du musée en lui-même que je veux vous parler car son histoire est assez intéressante et pleine de rebondissements!

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Les débuts du musée remontent au 19ème siècle: le musée d’histoire naturelle est inauguré en 1822, dans les locaux de l’ancien hôtel de ville place Rihour. Les visiteurs peuvent alors admirer les collections constituées de spécimens zoologiques et de quelques curiosités, comme des momies. Mais le musée déménage rapidement: en 1854 il est transféré dans le Vieux-Lille puis un musée de Géologie et Minéralogie est créé en parallèle en 1877.

L’actuel bâtiment du Musée n’est construit qu’en 1887 (et terminé en 1894). Le Musée qui s’appelle alors Musée de Géologie de Jules Gosselet est situé au premier étage. Ce n’est qu’en 1907 (partie géologie) puis 1908 (partie zoologie) qu’il s’installe au rez-de-chaussée.

Le musée qui a connu 3 grands déménagements, de nombreux ajustements, les bombardements, l’occupation allemande et même une période de fermeture après les dégâts de la Grande Guerre fait de nouveau parler de lui. En effet, début décembre avait lieu l’inauguration de la Grande Verrière, une partie importante du musée fermée pour cause … de dégâts des eaux. (Décidément, certains ont plus de chance que d’autres!) Cette grande Verrière présentait 32 animaux naturalisés (empaillés) mais comme l’explique le musée:

En 2002, un dégât des eaux endommage considérablement le décor et les naturalisations animalières. Faute de pouvoir être rénovée, la Grande Verrière a alors été cachée au public.

Le dégât des eaux entraîne l’effondrement du plafond, la dégradation du rocher et des peintures ainsi que de certains spécimens. La vitrine est alors masquée par un tissu tendu. Ce n’est que l’année dernière, en 2015, que les travaux nécessaires à la rénovation du décor et des animaux ont été engagés. Cette rénovation a été financée par la ville, la DRAC mais aussi par de nombreux dons. Un appel au financement participatif (« crowdfunding ») a été lancé et c’est 12.000€ de dons qui ont été récoltés (7.000€ étaient nécessaires).

Espérons qu’à présent le Musée puisse couler des jours heureux et continuer à monter des expositions temporaires toujours plus variées.


Pour ce qui est de ses collections permanentes, le Musée d’Histoire Naturelle de Lille m’intrigue car je n’arrive pas à me décider si son aspect vieillot est en sa faveur ou sa défaveur. S’il est une chose sur laquelle la plupart des gens se mettent d’accord c’est que quand on entre dans le musée, on a l’impression de faire un bond dans le passé. Le Journal Metronews titrait en 2014 « Visiter le musée d’histoire naturelle de Lille, c’est pénétrer dans un autre monde« , c’est vrai mais est-ce réellement positif?

Si habituellement, les musées d’histoire naturelle ne sont pas mes préférés, j’aime beaucoup celui de Lille car je trouve son architecture intérieure très belle. Entre les poutres en métal, les poteaux en fonte, et les escaliers en bois (qui craquent pour plus d’authenticité), le lieu a un charme unique. De plus quand on lève la tête et qu’on aperçoit tous ces squelettes d’animaux qui semblent flotter en l’air on ne voudrait pas d’une scénographie moderne qui ruinerait l’atmosphère du lieu.

Et pourtant, certains aspects mériteraient d’être améliorés. Il y a de gros contrastes entre les différentes parties du Musées: la partie « mammifères » (où se situe la Grande Verrière) est large, aérée et agréable. A l’inverse, la salle des oiseaux d’Europe est le cliché du vieux musée: un alignement de vitrines où des oiseaux empaillés sont si entassés les uns sur les autres qu’il est difficile de bien les voir. Avec une installation pareille, ils sont tout sauf mis en valeur! Certains cartels et panneaux explicatifs mériteraient également un lifting, un petit coup de jeune.

En dépit de ces aspects négatifs, il reste un lieu de sortie idéal pour les familles, les animaux vivants (oui il y a quelques insectes vivants) et morts fascinent les petits et grands. Le musée fait aussi toujours l’effort de mettre à disposition des fascicules pour les enfants (7-12 ans) qui leur permet de découvrir les expositions en s’amusant.

J’espère donc que le musée saura rester en phase avec son époque tout en conservant cet aspect « rétro » qui lui donne tout son charme.

 


Sources:

Une réflexion au sujet de « Le musée d’histoire naturelle, une histoire mouvementée »

  • 23 janvier 2016 à 17 h 37 min
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    Bon tu sais bien que les bâtiments avec un aspect vieillot, ça me plait bien à moi (a). De voir tout ça, ça me rappelle le musée de Vienne 🙂 En regardant les photos de près, je me dis que c’est exactement le genre de lieu qui pourrait me plaire. Donc voilà, tu sais où m’emmener la prochaine fois !

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