Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis

Il y a maintenant déjà une semaine, une amie m’a proposé de venir visiter avec elle le musée Benoît De Puydt à Bailleul. Je n’avais jamais entendu parler de cet endroit, pour tout vous dire, je ne connaissais même pas son existence. Je n’avais donc aucune idée des collections qu’il pouvait renfermer. Bizarrement ça ne m’a pas empêché d’avoir un a priori un peu négatif. N’en ayant jamais entendu parler, je pensais qu’il s’agissait d’un musée un peu miteux présentant une petite collection d’objets d’art hétéroclites …Disons que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

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La semaine dernière c’était le premier dimanche du mois et donc le jour de gratuité de la plupart des musées, il aurait été dommage de ne pas en profiter, c’est donc à Bailleul que j’ai passé mon après-midi. Situé au centre de la ville, en face de l’église et à proximité du Beffroi, le musée est installé dans une maison bourgeoise d’architecture néo-flamande (Bailleul a été détruit à 90% pendant la Première Guerre Mondiale, l’architecture néo-flamande de la ville date de la reconstruction).

Si le bâtiment actuel est postérieur à la Grande Guerre, le musée (et ses collections) est plus ancien puisqu’il a été fondé en 1861, selon les dernières volontés de Benoît De Puydt, un grand collectionneur. Tout au long de sa vie, il a rassemblé des objets d’art, témoins de la culture flamande du 15ème au 19ème siècle. Pendant la guerre, seule une petite partie des collections est évacuée (environ 30%) le reste est laissé sur place et détruit par les bombardements ou volé.
Lors de la reconstruction de la ville, le musée retrouve son emplacement d’origine. Mais ce n’est pas la fin des malheurs du bâtiment et de ses collections…loin de là! Avec la Seconde Guerre Mondiale, les œuvres retrouvent leurs caisses et hop, à l’abri. Mais la fin de la guerre ne signifie pas la fin des péripéties puisqu’en 1974, c’est le « cambriolage du siècle »! Une partie des œuvres est volée alors que celles-ci avaient été mises en caisse pour la pose de la moquette murale (qui depuis a disparu).


Alors avec tout ça, qu’est ce qu’il reste à voir? 10% des 30% de la collection initiale? Point du tout! Le musée s’étend sur 3 niveaux (rez-de-chaussée puis 2 étages) et présente des collections très variées: peintures, sculptures, mobilier et arts décoratifs, céramique et arts graphiques. Si le legs de Benoît du Puydt est à l’origine de ce musée, les collections ont depuis été largement étoffées grâce à d’autres dons et des achats. J’ai beaucoup apprécié cette diversité! Il y a quelques pièces vraiment exceptionnelles: des cabinets peints très précieux (l’un d’eux faisait partie de l’exposition Métamorphoses au Louvre-Lens), de la céramique du Japon et de la Chine du 18ème, de très beaux tableaux et d’anciennes sculptures.. il y en a vraiment pour tous les goûts!

La scénographie (disposition des œuvres) est simple mais efficace, mention spéciale pour la pièce où sont placés les « tableaux fantômes ». Louis-Henri Hans (un autre collectionneur originaire de Bailleul) a légué plusieurs tableaux et objets au musée (plus de 60) mais, comme je l’expliquais plus haut, à cause de la Première Guerre mondiale, de nombreuses œuvres ont disparu et il ne reste à présent que 5 tableaux et un objet. Mais dans les années 1990, le conservateur du musée a l’idée de faire recopier la description des œuvres disparues en respectant leurs dimension. Au mur sont donc accrochés ces descriptions ainsi que les tableaux restants, c’est original et bien trouvé! (Quand on n’a plus de tableaux on a des idées…)

Bravo également à la personne qui a eu l’idée de placer des boîtes à jeux dans chaque pièce du musée. A chaque salle son petit jeu: puzzle, jeu des 7 erreurs, accessoires à essayer… Pour vous montrer à quelle point ces jeux ont du succès je me suis transformée en personne bizarre (voire franchement louche) qui prend les enfants en photos. (Reconnaîtrez -vous l’intruse qui a volé son jeu aux enfants?)

Le musée ne fait vraiment pas amateur: dans chaque pièce des feuilles A3 plastifiées sont disponibles en plusieurs langues (anglais et néerlandais) si les visiteurs désirent plus d’informations. Si parfois ce genre de document ressemble à du bricolage, ici ce n’est vraiment pas le cas.

Tous les premiers dimanches du mois, on peut suivre une visite guidée à 16h. En plus sont organisés des ateliers, stages et cours d’histoire de l’art.

Détail qui a néanmoins son importance, le lieu a été labellisé « musée de France » (ce qui donne, entre autre, l’avantage qu’il soit gratuit le premier dimanche du mois).

Infos pratiques ici

Une réflexion au sujet de « Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis »

  • 28 avril 2016 à 19 h 33 min
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    J’aimerais bien découvrir ce musée aussi. Mais Florence…il y a encore des chaises sur lesquelles on ne peut pas s’asseoir…XD. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce lieu a une histoire mouvementée. L’idée des descriptions des tableaux disparus c’est génial !

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