Grandeur et faste d’un patrimoine torpillé

Hier je me suis rendue au Louvre-Lens pour aller voir l’exposition « L’histoire commence en Mésopotamie ». Ayant déjà loupé l’expo précédente sur Charles Le Brun, je ne voulais pas manquer aussi celle-ci qui se termine dans une semaine. Puisque tout ce qui touche à l’histoire m’intéresse, j’étais assez curieuse de découvrir l’expo et les civilisations qu’elle explore. Honnêtement je ne suis pas franchement calée sur le sujet alors c’était l’occasion d’en apprendre plus! Alors, était-elle au niveau de mes (grandes) attentes?

banniere expo esmopotamie

Quand je visite une exposition au Louvre-Lens, j’ai toujours beaucoup d’attentes puisque c’est un musée qui organise des expos de grande ampleur et qui a les moyens de bien le faire. Si j’ai été séduite par la plupart de celles qu’ils ont organisées, certaines m’ont tout de même laissée sceptique quant à la scénographie ou l’accessibilité des textes (notamment celle sur les Étrusques). Ce n’est pas le cas de celle-ci que j’ai trouvée vraiment riche et assez bien conçue.

Une expo vraiment accessible

Quand on est spécialiste d’une période ce n’est pas toujours facile d’écrire un texte compréhensible par tous, même ceux qui n’y connaissent vraiment rien et il arrive que certains panneaux explicatifs d’expo soient écrits dans un jargon incompréhensible pour les amateurs. Ici, heureusement, les explications étaient simples et complètes, agrémentées parfois de cartes, frises chronologiques et schémas (ce qui facilite la compréhension). J’avoue avoir lu de plus en plus en diagonale au fur et à mesure que je progressais. En revanche (comme souvent d’ailleurs), nous sommes restées 1h30 à l’intérieur alors forcément, au bout d’un moment on est un peu moins attentifs et on papillonne plus vers les artefacts qui captent notre regard.

Ce qui est également agréable c’est l’effort sur la variété des supports (non parce que les tablettes avec le langage cunéiforme c’est bien hein’ mais quand vous en avez vu 5 ou 6 et que vous voyez qu’il s’agit d’un compte de chèvres ou un échange de terres, ça lasse un peu à force. Sans vouloir offenser les personnes qui se creusent la tête et se brûlent les yeux pour les déchiffrer bien sûr.) Artefacts, tableaux/fresques (même si parfois on se sent arnaqué quand on voit noté « reproduction » sur le cartel mais passons), statues, maquettes, projections, reconstruction 3D en vidéo et photos, on voit que les commissaires d’exposition se sont creusé la tête pour que l’expo soit variée et attractive.

Une densité d’objets et artefacts présentés assez impressionnante…

J’ai été surprise de voir le nombre d’objets présentés et en assez bon état (il manquait pas mal de tête/oeil/nez mais bon, ce sont des choses qui arrivent). La première partie est consacrée à la redécouverte de la Mésopotamie, ce n’est donc pas là qu’ils sont concentrés. Mais entre le 2ème (« le cadre économique » suivi de « un monde religieux »en 3) et le 4ème espace  sur les « Premières villes », j’ai eu l’impression d’un crescendo en termes d’objets présentés.

Cette quatrième partie est clairement ma préférée avec les maquettes des palais, la reconstitution vidéo d’un palais (vraiment impressionnant, on voit vraiment le faste et la splendeur qu’il a pu y avoir), les grandes sculptures et les dessins de pans de murs ou de porte intégrant des vestiges. Mention spéciale également au fameux panneau de brique avec figure de lion (qui décorait une voie processionnelle… une rue donc, sympa!), absolument magnifique!

…mais qui a ses inconvénients.

La densité des objets participe à la richesse de l’expo; par contre, les salles étaient saturées de monde, il était parfois franchement compliqué de circuler et d’admirer les artefacts. On aurait pu croire que les gens seraient tous dans les magasins en train de faire les soldes (c’est le premier samedi des soldes tout de même!) mais non, à croire qu’ils se sont tous donné rendez-vous au Louvre-Lens. C’est fou ce que les gens peuvent être pénibles quand ils ont les mêmes idées que moi…

A cela s’ajoutent les nombreuses visites guidées qu’on a pu croiser: au moins 3! Ça n’arrangeait rien pour la circulation et si l’on a accéléré vers la fin c’est aussi parce qu’on en avait un peu marre de la foule. Vive le samedi.

Un pincement au cœur

Il est parfois difficile d’imaginer que la Mésopotamie est l’ancêtre de l’Irak actuel et du nord-est de la Syrie. Difficile de visualiser les jardins suspendus de Babylone ou la splendeur de Palmyre au vu de la situation politique actuelle. L’exposition est donc autant un sujet d’émerveillement que de désolation.

En tout cas, si vous voulez la découvrir il ne vous reste plus qu’une semaine, dépêchez-vous!

2 réflexions au sujet de « Grandeur et faste d’un patrimoine torpillé »

  • 23 janvier 2017 à 20 h 44 min
    Permalink

    Ma partie préférée c’était sans conteste la reproduction des Palais ! J’aurais adoré me promener dans les rues de Babylone, les fresques étaient sublimes. Bon c’est vrai que parfois on se sent arnaqué quand on a des copies d’oeuvres. Mais le gros point négatif c’était les visites guidées qui encombraient les salles, c’était trop pour un si petit espace (fichtre, c’était les soldes en plus). Malgré ça, c’est une très belle exposition, très riche, on ressort de là avec beaucoup de connaissances, c’est vraiment dense.

    Répondre
    • 23 janvier 2017 à 20 h 46 min
      Permalink

      Oui c’est vraiment une très belle expo et ça m’a fait penser aux œuvres/sculptures qu’on a pu admirer au British Museum

      Répondre

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :