La poétique des sciences, tout un programme!

Aujourd’hui, je me suis rendue pour la première fois au Fresnoy, studio national des arts contemporains à Tourcoing. Je connais cet endroit (de nom) depuis un certain temps, j’en ai pas mal entendu parler mais je n’avais jamais pris le temps d’aller y faire un tour. Si j’ai finalement décidé de parcourir les 2/3 de la ligne 2 du métro pour y aller c’est tout simplement que l’affiche de l’expo actuelle, ainsi que son titre, m’ont particulièrement tapé dans l’œil. Alors, l’expo vaut-elle le déplacement?

banniere poetique des sciences

Pour être franche, la première salle de l’exposition m’a moyennement convaincue, les œuvres ne m’ont pas parlé. Par contre le reste de l’exposition ne m’a absolument pas laissée indifférente et on est bien plus immergé dans l’univers des artistes.

La nature est un thème récurrent dans l’art (classique ou contemporain) et pourtant j’ai été vraiment surprise par la manière qu’a Edith Dekyndt d’aborder le sujet. L’Ennemi du peintre est une oeuvre complexe, à la fois visuelle, olfactive et auditive. Comme l’explique Canal Studio n°18 (le journal du Fresnoy) il s’agit d' »association de pensées autour de recherches littéraires, scientifiques et artistique« . L’artiste s’inspire d’une nouvelle de science-fiction de James Graham Ballard qui imagine une variété d’orchidée émettant des sons. De cette idée découle une installation ludique très étonnante. Ce qui est immédiatement perceptible c’est l’odeur prégnante des lys blancs (que j’aime tant). Ensuite, les dessins sur les panneaux intriguent et on a envie d’en savoir plus, on attrape alors un audioguide et c’est là qu’on commence vraiment à être dérouté. Numérotées de 1 à 12, les pistes audio sont un assemblage de faits historiques, scientifiques ou de phénomènes naturels assez déconcertants et étrangement fascinants. On presse sur le numéro suivant en se demandant sur quoi on va tomber: danse des fleurs, pokémon (oui vous avez bien lu), sacrifice humain, instrument de musique que l’on ne touche pas, les récits s’enchaînent et se lient les uns aux autres. Je ne vous en dis pas plus, testez par vous-même!

En ce qui concerne le travail de Hicham Berrada, on est plus sur le registre de l’émerveillement et comme le dit si bien le titre : la poétique des sciences. C’est mon véritable coup de cœur pour cette exposition. J’ai été conquise par ses « tranches » de « Présage », résultat d’une expérience scientifique où l’artiste associe dans un bécher différent produits chimiques, créant ainsi un univers qui prend vie. Ces tranches, de loin, m’ont immédiatement évoqué un aquarium et quand on s’approche on découvre ces mini univers colorés qui sont vraiment magnifiques.

Présage est également (et même initialement) une vidéo qui montre cette expérience. L’écran, installé en demi-cercle plonge le visiteur au cœur de cette performance. Mais les autres vidéos de cet artiste ne sont pas moins hypnotisant, Les fleurs particulièrement. Néanmoins, la vidéo qui m’a le plus fascinée est Céleste, où Hicham Berrada révèle l’invisible: il extrait des minerais contenus dans le sol et les rend visibles. Un nuage qui se teinte vite de bleu s’élève du sol, grandit, se densifie puis se disperse et le tout est filmé depuis une fenêtre ouverte. C’est vraiment très beau, aérien et un peu surréaliste.

Les œuvres de Hicham Berreda sont vraiment originales, elles interpellent et sont pleines de grâce et de poésie. C’est d’ailleurs la performance Présage qui a été utilisée pour l’affiche, celle-là même qui m’avait donné envie de visiter l’expo. La boucle est bouclée.

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