Open Museum #4, le Palais des Beaux-Arts remet le couvert!

C’est maintenant un rendez-vous donné par le Palais des Beaux Arts dans la vie culturelle lilloise: l’open museum est de retour. C’est déjà la quatrième édition de cette exposition qui est une rencontre entre un artiste et les collections permanentes du PBA. J’avais absolument adoré la troisième édition avec Zep et lorsque j’ai assisté à la présentation presse, j’avais peur que cette édition avec Alain Passard ne puisse égaler la précédente. D’autant qu’inviter un chef à collaborer avec un musée ce n’est pas si courant! Alors la sauce a t’elle prise? (non, vous ne couperez pas aux jeux de mots, c’est trop tentant).

banniere open museum 4

J’étais très enthousiaste quand j’ai vu sur Twitter que le PBA annonçait sa prochaine collaboration avec Alain Passard, chef étoilé, pour sa prochaine édition de l’open museum mais j’étais également plus qu’intriguée: même si on peut saisir le côté artistique de la haute gastronomie, comment la faire entrer au musée? (je ne suis pas contre un buffet différent dans chaque salle du musée mais bon, l’idée n’a pas été retenue apparemment).

C’était avant d’apprendre qu’Alain Passard s’intéresse beaucoup à l’art, à la fois en tant qu’amateur mais aussi comme artiste (et pas seulement à travers sa cuisine). L’exposition invite donc les visiteurs à pénétrer dans l’univers de ce cuisinier à travers une sélection d’œuvres, essentiellement contemporaines.

Concrètement, ça donne quoi ?

Plusieurs thèmes, chers à Alain Passard ont été sélectionnés : l’eau, les jardins & saisons, la cuisine et gourmandise, l’enfance ou encore l’inventivité.

Certains thèmes, comme les jardins, peuvent sembler étonnants, mais Alain Passard est réputé pour sa cuisine du légume qu’il cultive dans trois jardins (dans la Sarthe, dans l’Eure et dans la Manche). On voit, avec certaines œuvres, un hommage clair au travail quotidien de ces jardiniers qui sont finalement à l’origine des grands plats du chef dans leur soin du produit.

L’installation Bruit de bottes de l’artiste Delphine Reist m’a semblé être un très beau clin d’oeil à ces jardiniers: des bottes en caoutchouc sont disposées en cercles et elles frappent le sol au milieu des grandes peintures flamandes. Un sacré contraste qui participe à donner une autre image du musée, plus décalée, un peu plus rock et c’est tant mieux (sans vouloir vexer les peintres flamands). La sculpture Still Man de Gilles Barbier m’a aussi beaucoup plu, c’est un peu la communion de l’homme et de la nature, une belle harmonie et qui étrangement, s’intègre plutôt bien dans la salle du musée.

J’ai eu quelques coups de cœur dans cette expo:

Âmes sensibles de Rudy Decelière. J’ai beaucoup aimé la délicatesse de cette oeuvre qui est parfaitement à sa place au fond de l’atrium, devant les portes fenêtres, à mi-chemin entre l’intérieur et l’extérieur (surtout quand la lumière du matin reflète les portes au sol). Les feuilles de magnolia bougent doucement, animées par le son qui passe dans les fils de bronze, en relation avec les aimants posés au sol.

la Danse des chefs d’Alain Passard. J’ai adoré cette sculpture qui m’a fait sourire et j’ai immédiatement pensé au dessin animé Ratatouille (et il semblerait que je ne suis pas la seule d’ailleurs). Il y a un petit côté de folie, un moment de joie, j’adore! Décidément, le chef a bien plus d’un tour dans sa manche.

-les incrustations vidéos réalisées avec des tableaux du Palais des beaux-arts par Régis Cotentin sont géniales! Il y en a trois: réinterprétation vidéo à partir du tableau Le gobelet d’argent, fleurs dans un vase et Nature morte ou citron pelé. Alain Passard a été filmé en train de travailler et ces vidéos ont été incrustées au cœur du tableau, c’est surprenant, assez subtil et très bien fait.

Mention spéciale pour
-l’esprit du vin par Jean Bernard Métais, et particulièrement quand la lumière du soir se reflète dans le vin (qui est de l’année de naissance d’Alain Passard pour l’anecdote)
-Sang de violon par Arman, j’aime comme cette ancienne presse à canard utilisée pour faire le canard au sang (assez violent quand même) a été détournée pour former quelques chose de plus poétique, surtout avec les pièces de violon qui ont été ajoutées.
-L’extrait vidéo du « Grand restaurant », le fameux film avec Louis De Funès est génial et le génie de cet acteur ne manque jamais de faire sourire.

Combien d’étoiles pour cette expo ?

La différence avec l’open museum Zep est que je n’ai pas été séduite par l’intégralité des œuvres présentées mais c’était tout naturel, avec Zep c’était un artiste et donc un style. Ici de nombreux artistes étaient invités, certains styles m’ont plu, m’ont touchée, m’ont fait sourire ou m’ont intriguée, d’autres m’ont laissée assez indifférente. Cela ne veut pas dire que l’exposition n’est pas réussie, elle est simplement diverse et variée.

J’aime beaucoup cette volonté d’innover constamment, de « dépoussiérer » les collections permanentes, d’instaurer un dialogue entre les arts. C’est pour moi la meilleure façon de rester en adéquation avec l’époque actuelle. 

A noter:

  • Dans le cadre de l’exposition 2 rencontres à venir: Alex croquet le 7 juin et Alain Passard le 5 juillet.
  • Si vous souhaitez en savoir plus sur Alain Passard le documentaire Chef’s table de Netflix est diffusé (en partie je pense) dans une salle à côté de la galerie rose des impressionnistes.
  • Exposition jusqu’au 16 juillet, infos pratiques ici

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :