Les séries se mêlent à l’art au PBA

Tous les ans, le Palais des Beaux-arts de Lille nous donne rendez-vous pour l’Open Museum. Après Air, le collectif interDuck, Zep et le chef Alain Passard, c’est maintenant au tour des séries TV de s’inviter au musée pour dialoguer avec sa collection permanente. Cette fois ce n’est donc pas un invité spécifique qui est mis à l’honneur, mais tout un genre avec une multitude de personnes participant à son élaboration.  Le risque était donc que cet open museum soit un peu plus impersonnel puisque il ne reflète pas la vision d’un artiste en particluier. Alors l’open museum #5 ça donne quoi? Je vous montre ça.

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Si cette édition de l’open museum #5 a ouvert ses portes depuis le 14 avril déjà, j’ai voulu attendre que les costumes de la série Versailles soient arrivés pour écrire l’article (bon et puis, j’avoue je suis partie en vacances en Pologne et ensuite dans la Vallée de la Loire donc je n’ai pas eu trop le temps).

Vous avez certainement vu des photos circuler sur Facebook, Twitter et instagram, notamment de la Red Room Twin Peaks. Alors, chaque salle a-t-elle une nouvelle ambiance? Concrètement, comment les séries ont-elles été mêlées aux œuvres?

 

Séries et art, c’est quoi le rapport?

Eh bien, il y en a bien plus qu’on ne le croit, que ce soit par le thème ou par l’image. Ça ne vous aura pas échappé, certains plans de séries sont de véritables tableaux (j’ai justement en tête un extrait de la Série Poldark, BBC qui m’a fait penser aux tableaux de Millet). On y voit tout le travail, l’investissement du réalisateur, du directeur de la photographie, des costumiers etc.

C’est donc ce que, personnellement, je m’attendais à trouver dans cet Open Museum: l’inspiration évidente que puisent ces créateurs de série dans l’art et les lieux d’exposition. Alors oui, c’est ce qu’on trouve en partie mais pas seulement.

 

A quoi ressemble cette édition OM#5?

C’est au sous-sol que l’on trouve les principaux changements: le département des antiquités a été légèrement modifié (certaines pièces du musées ont été sorties juste pour cette occasion) pour bien correspondre à l’extrait de Belphégor présenté. C’est également au sous-sol que vous trouverez la « Red Room » avec l’extrait de Twin Peaks correspondant. Pour ce qui est des étages supérieurs, les extraits se fondent aux œuvres de manière beaucoup plus discrète.

 

Cette édition de l’open museum est peut-être plus dans la subtilité: pas de graffiti sur une statue (Zep), de musique (Air) ou de sculpture au milieu d’une salle (Alain Passard). Les télés se confondent si bien avec les œuvres, que lorsqu’on entre dans la salle, on ne voit pas forcément tout de suite l’extrait de série diffusé (pour ceux qui auraient peur se passer à côté de certains extraits, aucune chance avec le dépliant qui vous indique tous les extraits avec son oeuvre correspondante). Les écrans deviennent eux-mêmes des tableaux (mais version Harry Potter, ils bougent!).

 

En plus des écrans, on retrouve 6 costumes de la série historique Versailles et 3 accessoires de décor (qui sont en fait des poupées que les marchands utilisent pour représenter la mode du moment). Pour moi qui suis une fan absolue de séries historiques (j’ai d’ailleurs regardé la première saison de Versailles). C’est absolument génial de voir ces costumes de si près (et pas derrière une vitrine en plus!). Les détails sont impressionnants, quel travail! Les cartels mentionnent d’ailleurs le nombre de jours nécessaire pour un costume (12/13 jours en général). Ils sont particulièrement bien mis en valeur dans la galerie des peintures du XVIIIème et font écho aux tenues représentées sur les peintures aux murs.

 

Le lien entre la série et l’oeuvre est-il toujours évident?

On retrouve plusieurs types d’extraits: la référence à l’art et aux lieux d’exposition peut être directement évoquée dans l’extrait ou alors il peut s’agir d’une référence esthétique.

  • Les lieux d’expositions: l’extrait se passe dans un musée ou montre des œuvres d’art (Bélphégor en est le parfait exemple puisqu’on est au Louvre).
  • Référence à l’art: le visuel est traité comme un tableau et renvoie à certains courants de peinture. Le thème de l’extrait peut aussi renvoyer à un thème classique de la peinture (The Handmaid’s Tale et Wolf Hall sont pour moi les meilleur exemples, le travail sur la lumière est incroyable dans The Handmaid’s tale tout comme celui sur les costumes et le décor pour Wolf Hall)
  • Réflexion sur l’art: les personnages s’interrogent sur sa signification ou son utilité (deux extraits m’ont beaucoup intéressée: celui de Mad Men où ils discutent de la « signification » d’un tableau abstrait et l’extrait de Sex and the City où une artiste fait une performance dans un musée. L’un des personnages est plus que perplexe).

 

Je vous laisse deviner dans quelle catégorie Game of Thrones, Dexter et Sherlock se situent, c’est vraiment pas drôle si je vous raconte tout!

Au cas où le lien entre un extrait et l’oeuvre exposée n’est pas clair, les cartels nous renseignent très bien. D’ailleurs certains extraits eux-mêmes sont accompagnés d’explications.

 

Pourquoi le choix des sous-titres?

Cela peut surprendre au premier abord mais aucun extrait n’est présenté avec sa bande-son, ils sont tous sous-titrés. Il y a deux raisons à cela. La première est pratique : pour éviter la cacophonie (avec les salles qui sont ouvertes sur l’atrium, l’écho serait terrible).

La seconde est un choix artistique. Ôter le son c’est mettre l’image à l’honneur, on se concentre sur le jeu de lumière, les décors, les costumes…. En plus, ça a l’avantage de créer une unité entre tous ces extraits.

 

A noter:

Les plus jeunes n’ont pas été oubliés, il y a également un Open Museum Kids sur le côté de l’Atrium avec dessins animés, jeux et livres mis à disposition.

 

L’open Museum donne envie de découvrir (ou redécouvrir) des séries. Les personnes plus intéressées par l’art auront peut être la curiosité de regarder quelques séries et les personnes plutôt branchées séries devraient être étonnées du lien ténu entre art et séries.

Vous avez jusqu’au 16 juillet 2018 pour profiter de cette mise en scène de la collection permanente. L’exposition est gratuite pour les -18ans (et pour tout le monde le premier dimanche de chaque mois).

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2 réflexions au sujet de « Les séries se mêlent à l’art au PBA »

  • 9 mai 2018 à 11 h 51 min
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    Énorme boulot de qualité sur cet article je trouve. Tu donnes envie de voir l’exposition ! 😉

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    • 28 mai 2018 à 18 h 40 min
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      Merci beaucoup! 🙂

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