Camille Claudel et Roubaix, une belle histoire

Dans le cadre du challenge photo hebdomadaire de la métropole de Lille sur instagram, j’ai publié la splendide fresque street-art de l’artiste Jimmy C représentant Camille Claudel. Vous avez adoré cette photo alors j’ai eu envie de vous parler un peu plus de Camille Claudel et de ses œuvres exposées à La Piscine de Roubaix.

L’histoire mouvementée de l’artiste

Le saviez-vous? Camille Claudel est née dans les Hauts-de-France, dans le département de l’Aisne à Fère-en-Tardenois. Elle est l’aînée de 3 enfants et grandit dans un milieu bourgeois provincial. Ni riche ni démunie donc. Jeune adolescente, vers 12 ans, elle montre déjà une belle aptitude pour la sculpture. Son père, intrigué par ce talent émergent demande conseil au sculpteur Alfred Boucher. Il vient à cette époque de remporter le Second Prix de Rome en sculpture son jugement fait donc autorité. Boucher va enseigner à Camille Claudel les rudiments de la sculpture et lui prodiguer des conseils.

Comme vous pouvez l’imaginer, être une femme et vivre de la sculpture au 19ème siècle est un vrai défi mais elle persévère. Elle profite du déménagement de la famille à Paris pour suivre des cours de sculpture. Boucher devant partir en Italie, il demande à son ami Auguste Rodin de prendre sa suite pour les cours qu’il donnait au groupe de filles dont faisait partie la jeune artiste. (Rodin, le penseur, les bourgeois de Calais, ça vous parle?). Très rapidement Rodin est impressionné par le talent de la jeune femme et séduit par son tempérament. Elle entre dans son atelier et devient sa collaboratrice, sa maîtresse, sa muse… Leur relation est fusionnelle et Rodin va lui permettre de révéler l’ampleur de son talent.

Au bout de quelques années d’une relation tumultueuse (près de 10 ans), les liens entre Claudel et Rodin se distendent un peu, Camille Claudel cherche à affirmer son indépendance et sa différence en tant qu’artiste. Elle expose dans quelques Salons d’art et reçoit ses premières commandes. Au Salon de l’Art nouveau de 1896, elle expose une version de La Valse (ma favorite!) et un plâtre des Causeuses dont une des versions est exposée à La Piscine. Au Salon de la Société nationale des beaux-arts, elle présente La Petite Châtelaine, également exposée chez nous à La Piscine. A la fameuse exposition universelle de 1900, elle expose également 3 sculptures (imaginez la vitrine pour l’époque).

Peu à peu la santé mentale de Camille Claudel décline : elle s’emporte violemment lors d’une soirée d’inauguration puis elle entreprend la destruction de certaines sculptures. Elle se met à avoir des crises de paranoïa et à 48 ans elle est internée. Elle y restera 30 ans. Seul son frère ira la voir (et juste une dizaine de fois) et une amie, une fois. Elle ne sculptera plus une fois internée. C’est donc une fin particulièrement triste pour une artiste dont les sculptures dégagent tellement d’émotion.

Les œuvres de Camille Claudel à Roubaix

Sur le site de La Piscine de Roubaix on peut lire :

Entre La Piscine et Camille Claudel c’est une grande histoire d’amour qui commence en 1994 avec le dépôt par le Centre National des Arts Plastiques du Buste d’Auguste Rodin. En 1995, le musée fait l’acquisition exceptionnelle de La Petite Châtelaine grâce à l’État, la Région et une souscription publique qui a mobilisé de nombreux contributeurs privés. Ce buste, considéré comme la Joconde du musée, fait rapidement la fierté des Roubaisiens et devient l’un des emblèmes du musée

https://www.roubaix-lapiscine.com/expositions/presentation-exceptionnelle-des-camille-claudel-de-la-piscine/

Si vous ne pouvez pas louper la Petite Châtelaine qui est bien mise en valeur au centre de la salle dédiée à l’enfance, vous pouvez passer à côté des autres. N’hésitez pas à vous attarder devant celle des Causeuses. Je l’apprécie particulièrement, je la trouve à la fois tendre et malicieuse. La scène paraît si naturelle. Il existe plusieurs versions: en plâtre, en onyx et en bronze. La Piscine abrite celle en plâtre (ici à gauche).

Ce que je préfère chez Camille Claudel c’est sa représentation du mouvement, on a presque l’impression que ses sculptures vont s’animer. C’est également ce qui m’avait frappé en voyant La Valse lors de la grande exposition rétrospective du cent-cinquantenaire de la naissance de l’artiste : Camille Claudel. Au miroir d’un art nouveau en 2014-2015. C’était une magnifique exposition qui présentait les chefs-d’œuvre de l’artiste. Une bonne partie des photos de cet article viennent de là (j’ai même l’affiche de l’expo dans mon bureau!).

Quand La Piscine ferme ses portes pendant 6 mois pour des travaux d’agrandissement en 2018, les visiteurs ne peuvent plus admirer les œuvres de Camille Claudel. Elle n’est pas oubliée pour autant, le conseil municipal vote la création d’un square à son nom au centre-ville. Il est inauguré en octobre, au moment où le musée rouvre ses portes au public avec une nouvelle aile flambant neuve. L’immense fresque murale représentant l’artiste est située sur ce square (sur le pignon de la maison verte, elle aussi remarquable).

On retrouve d’autres clins d’œil à la sculptrice dans la ville. Par exemple sur le parcours street-art autour de la Condition Publique, ouvrez les yeux, vous pourriez apercevoir une autre version de la châtelaine. D’ailleurs je vous conseille vivement ce parcours, il recèle des œuvres magnifiques, certaines petites et poétiques, d’autres massives et impressionnantes.

Bref, comme il est parfaitement résumé sur le site de La Piscine:

Cette histoire d’amour continue et se transforme même en véritable conte de fée !

https://www.roubaix-lapiscine.com/expositions/presentation-exceptionnelle-des-camille-claudel-de-la-piscine/

Retrouvez ici le plan des balades street-art à Roubaix pour découvrir les fresques dont je vous parle dans l’article.

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