Le street-art investit l’Hospice Comtesse

Je vous ai déjà parlé du Collectif Renart dans mon article sur la fresque de l’Union à Tourcoing. Eh bien cette fois, ce n’est pas dans la rue qu’ils ont travaillé mais dans la salle des malades de l’Hospice Comtesse! Eh oui, pour une fois c’est dans un musée qu’on les retrouve. Je vous parle un peu de cette expo [spoiler alert] que j’ai adorée !

Le lieu

En 1237 la Comtesse Jeanne de Flandres fonde l’hôpital Notre-Dame au sein de son propre palais. Elle souhaite accueillir les personnes « en état de nécessité ». Il peut donc s’agir de malades mais aussi d’orphelins, de personnes âgées ou de personnes en pèlerinage et qui cherchent un lieu où loger. L’établissement est alors dirigé par des religieux et religieuses. A la Révolution française, il n’est plus utilisé comme hôpital (les malades sont transférés ailleurs) mais uniquement comme orphelinat puis maison pour les personnes âgées. A l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, le lieu est transformé en musée.

Malheureusement, il ne reste rien des bâtiments de l’époque de la Comtesse de Flandres, un incendie en 1468 a tout détruit. Les bâtiments que l’on peut apercevoir depuis la cour des malades ont des architectures assez différentes puisque leur date de construction est étalée du 15e au 18e.

Pour info, depuis octobre le rez-de-chaussée du musée n’est plus visitable. Il est entré dans une phase de travaux pour repenser la présentation des collections exposées. La réouverture est prévue pour le printemps 2022. L’étage qui présente l’histoire de Lille est toujours visitable en revanche.
Retrouvez ici une chouette vidéo qui vous montre le lieu et vous explique son histoire (et pour l’anecdote, il s’agit de ma prof d’histoire de l’art de Master!). Ca vous permet d’ailleurs d’avoir un aperçu du rdc.

Le Collectif Renart

Je vous avais déjà parlé de ce collectif de d’artistes ici. Le nom se lit REN/ART, la renaissance de l’art. Leur slogan est d’ailleurs « Faciliter l’accès à l’art pour toutes et tous, par toutes et tous ». On est dans une vraie démarche de démocratisation culturelle. L’art des rues est accessible pour tous et c’est ça qui est génial. D’ailleurs pendant les confinements, il s’agissait des rares œuvres qu’on pouvait voir en se baladant.

Ils se décrivent ainsi: « Le Collectif Renart est une association composée d’artistes (peintres, graffeurs, illustrateurs, photographes…), de militants de l’éducation populaire et de passionnés d’art mural qui travaillent ensemble depuis les années 1990. Le but premier du Collectif Renart est de promouvoir l’accès à l’art pour tous et par tous en privilégiant le lien social et de présenter la diversité des démarches, époques et styles de l’art mural contemporain.« 

C’est eux qui sont à l’origine de la BIAM (biennale internationale d’art mural), organisée depuis 2013 sur la métropole. Depuis il y a eu 5 éditions et de magnifiques réalisations un peu partout sur la MEL. Vous pouvez trouver ici la carte interactive pour créer votre propre parcours de visite.

L’exposition – Au temps des Renarts

Une fois que l’on pousse la lourde porte qui amène à la salle des malades, on arrive quelques pas plus tard devant le magnifique travail de calligraphie de Lady Alezia. C’est une introduction géniale à l’exposition et en résume très bien l’esprit. C’est magnifique, c’est rédigé en ancien français mais de façon humoristique. Bref c’est décalé et ça donne tout de suite le ton. Je vous conseille de regarder la petite vidéo qui montre les coulisses de l’expo et de la création des œuvres, c’est sympa et pas très long.

Il y a plusieurs type d’œuvres : les toiles inspirées de peintures du musée, les immenses fresques qui courent tout le long de chaque mur de la salle des malades et les œuvres interactives que l’on est invités à toucher (avec du gel hydroalcoolique à disposition évidemment). Si vous en avez le courage, vous pouvez aller chatouiller la tête d’un dragon pour voir s’il vous grogne dessus. Moins risqué, vous pouvez vous prendre pour un DJ et mixer des percussions à des chants grégoriens (là le risque est de vous faire huer si c’est pas terrible). Le principe est simple: il y a un mur, séparé en deux, d’un côté les percussions et de l’autre les chants grégoriens, vous placez vos mains sur le mur, vous les déplacez et vous mixez. C’est très fun et ça rend vraiment bien !

L’une des fresques qui couvre tout un mur de la salle des malades est une représentation de la braderie de Lille. Logick se réapproprie le tableau « Procession de Lille en 1789 » de Watteau exposé dans le musée. Evidemment, c’est une vision revue et corrigée. Il a, en fait, comme prolongé le tableau avec l’architecture que l’on connaît habituellement. Bien sûr, il a ajouté la fameuse déesse en point de repère. Logick s’est aussi inspiré du roman de Renart pour créer ces animaux criants de vérité. Il recrée donc une Braderie de Lille version fable animalière. Attardez-vous devant un moment, il y a mille détails.

En résumé

Je ne vais pas vous détailler chaque œuvre, mon but est plutôt de vous parler de l’esprit de l’expo. Vous parler de cette rencontre entre Moyen-Âge et art urbain. J’ai trouvé l’exposition accessible à tous (tout public et tout âge), elle est agréable, ludique, interactive. Bref petit coup de cœur.
Je vous laisse jeter un œil à ma vidéo en fin d’article et aux photos pour vous faire une première idée et je vous encourage vraiment à aller la découvrir par vous-même.

Mon seul petit bémol est qu’elle se visite assez vite. Tout dépend évidemment si vous prenez le temps de tout lire, d’interagir avec les installations et d’observer chaque détail. N’hésitez pas également à aller au premier étage du musée pour admirer les œuvres qui ont pu inspirer leur revisite en mode graff.

En tout cas, c’est une jolie consécration et une vraie reconnaissance de leur travail que de faire entrer du street-art dans la salle d’expo d’un beau musée comme celui-là. Bravo aux artistes LADY ALÉZIA, DANNY BOY, OMUR-H, LOGICK, VIANNEY DALTES et PI 80.

Informations pratiques

L’exposition est visible jusqu’au 13 mars 2022.
Horaires : Lundi à 14h – 18h / Mercredi au dimanche à 10h – 18
Tarifs : 2.60 € adultes – gratuit pour les moins de 12 ans / GRATUIT avec la C’ART.
Gratuit tous les dimanches pour les lillois, hellemmois et lommois et le premier dimanche de chaque mois pour les autres.

Toutes les infos ici

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