Redécouvrez l’univers de Goya au Palais des beaux-arts

Le 15 octobre dernier, l’exposition Experience Goya a ouvert ses portes au Palais des Beaux-Arts de Lille. J’avais fait un tour express de l’exposition et elle m’avait fait bonne impression mais j’ai préféré attendre de pouvoir y retourner et m’attarder pour vous partager mon avis. J’ai profité de la nocturne réservée aux moins de 30 ans pour y retourner et, cette fois, prendre mon temps pour explorer l’expo.

Ça parle de quoi?

Pas de gros suspense au vu du titre… l’exposition parle de Renoir Goya. Le but n’est pas tellement de faire un catalogue des peintures / gravures de l’artiste ou de vous faire une masterclass d’histoire de l’art sur sa technique de peinture.
L’objectif est plutôt de vous présenter le personnage (l’homme et l’artiste) et de souligner l’influence incroyable qu’il a eue sur ses contemporains… jusqu’à nos jours (le film de Labyrinthe de Pan de Guillermo del Torro par exemple).

L’idée est, bien sûr, venue des deux œuvres phares du peintre qui appartiennent aux collections permanentes du musée: les Vieilles et les Jeunes. Si vous connaissez bien le musée, vous avez forcément déjà vu ces deux chefs-d’œuvre (parce qu’elles ont une place de choix et que vu leur taille, on ne peut pas franchement les louper!). L’expo vous aide à décrypter ces tableaux. Des schémas vous aident à analyser sa composition et des vidéos vous expliquent les études qui ont été menées pour interpréter ces œuvres. Ca peut paraître barbant dit comme ça, mais pas du tout.

L’expo nous aide vraiment à comprendre l’évolution du style de Goya et notamment sa phase plus sombre. Il y a un contexte historique et personnel à prendre en compte pour décrypter certaines de ses œuvres. (Comme toujours vous me direz). Il faut bien comprendre l’époque tourmentée de l’Espagne de Goya : inquisition, guerre civile, invasion… Il est le témoin de cette histoire sombre de l’Espagne. Plus personnellement, l’artiste va perdre l’ouïe et souffrir d’acouphènes jusqu’à sa mort. (Moyen fun déjà). Je ne vais pas m’attarder d’avantage sur ces aspects. Je vous laisse découvrir tout ça par vous-même via les cartels et textes explicatifs.

C’est organisé comment ?

Quand vous arrivez dans l’Atrium, vous vous retrouvez directement face à un espace rond dans lequel vous êtes immergé dans certaines œuvres de Goya. Cette première partie est d’ailleurs totalement gratuite! Comme vous le savez sûrement, vous pouvez accéder à l’espace de la rotonde sans billet d’entré (donc cette partie de l’expo, la boutique, la cafétéria, l’espace GigaPixel…)
Avant de rentrer, prenez bien le temps de faire le tour et de lire la chronologie de la vie de l’artiste. C’est assez succinct et donc se lit très facilement. Si jamais il y a beaucoup de monde et que vous devez faire la queue pour rentrer, cela vous permet d’avoir un peu de lecture en attendant.

L’introduction vous permet de contextualiser l’artiste dans son temps , le voyage de ses œuvres et l’influence qu’il a encore aujourd’hui. Ensuite, vous descendez dans la salle d’expo principale (dans les tréfonds du musée). L’entrée est celle de sa maison de campagne la Quinta del Sordo. Vous plongez dans le monde de Goya, dans son imaginaire. La première partie est la plus « soft ». Vous avez ses illustrations, revues par Dali, des extraits de films et ses œuvres type portraits de cour ou portraits de la société. Une fois que vous passez la reconstitution de sa maison « du sourd », vous passez sur une partie plus sombre mais tout aussi intéressante.

Les points forts / les points faibles

J’ai vraiment bien aimé le côté très pédagogique. On nous donne d’abord le cadre historique, l’histoire de l’artiste, puis on nous explique l’influence qu’il a pu avoir sur ses contemporains et on nous le montre. J’ai également apprécié la variété des œuvres et supports. Ce n’est pas juste une expo de peinture et de gravures. Il y a des peintures, des illustrations, des extraits de films, des sculptures, des bornes numériques et j’en passe… La scénographie est simple et efficace et même quand il y a du monde, on ne se marche pas (trop) dessus.

En revanche, c’est une expo qui ne peut pas plaire à tous les publics. Une part non négligeable des œuvres de Goya sont très sombres et clairement peu adaptées aux enfants. Autant pour l’Open Museum je vous disais, enmenez vos petits, autant là… Ce n’est pas forcément l’expo que je vous recommande d’aller voir en famille (je parle des plus petits bien sûr). Je vous ai d’ailleurs épargné le plus trash en photos.

Une démarche Culture durable

Autre gros point positif, c’est une exposition qui s’inscrit dans une démarche écoresponsable répondant à des règles strictes en matière de développement durable. Vous allez sûrement me dire « euhm, c’est à diiire »? » . Et bien c’est tout simple, qui dit exposition temporaire dit prêt d’œuvres par des musées plus ou moins loin. Or une œuvre ne voyagera jamais seule (question d’assurance… oui ça coûte un poil cher ces toiles de peinture). Cela implique donc de nombreux aller-retours, le tout démultiplié en fonction du nombre d’œuvres empruntées. Imaginez donc l’empreinte carbone d’une expo avec une centaine d’œuvres prêtées impliquant chaque fois 2 allers-retours…

Bref, ici on prend le contre-pied: on part donc d’œuvres qui proviennent des collections permanentes pour construire une exposition autour. Il y a évidemment quelques chefs d’œuvres empruntés à d’autres musées mais moins qu’habituellement, d’où la multiplication des autres supports qui viennent en complément (extraits de film, tablette numérique qui explique les études menées sur les œuvres, animations de tableaux etc.) Je trouve la réflexion intéressante et pertinente. Et surtout l’expo n’en est pas moins qualitative!

Informations pratiques

L’exposition est visible jusqu’au 14 février 2022
Tarifs: Exposition seule : 10 € – 8 € -7 €* / Billet couplé expo + collections : 11 € – 9 € – 8 €* (*happy hour : pour tous, du lundi au vendredi à partir de 16 h 30)
Réduit pour les moins de 30 ans. Gratuit pour les moins de 12 ans.
GRATUIT avec la C’ART (elle vous donne accès à 14 musées et lieux d’exposition de la Métropole) et le Pass PBA+ (le pass est à 9€ pour les moins de 30 ans!)
Toute les infos pratiques ici

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